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Monument bellettrien à Alexandre Vinet

En 1861, sur proposition du professeur Louis Vuillemin, la Société de Belles-Lettres de Lausanne décide de consacrer le bénéfice des soirées théâtrales à l'édification d'un monument à Alexandre Vinet (1797-1847).

La philosophie de ce théologien protestant s'appuie sur la conscience, qui maintient l'homme dans une relation directe avec Dieu. Selon Vinet, la conscience régit la morale et rien ni personne n'a le droit d'y attenter, ainsi que le synthétise l'article de Wikipedia. Conséquemment, le théologien prône une libéralisation de la foi et la tolérance religieuse.

En 1844, Vinet remplace son ancien maître Charles Monnard, fondateur de Belles-Lettres, à la chaire de littérature française à Lausanne. Mais, en 1846, la fermeté des ses positions religieuses entraîne sa destitution, avec celle d'autres professeurs parmi lesquels le Bellettrien Charles Secrétan.

"Il fallut quarante ans d'efforts pour réaliser ce projet et cette persévérance est d'autant plus remarquable que les finances bellettriennes ne furent jamais florissantes. Bien au contraire", nous dit le Livre d'Or édité en 1956 par Belles-Lettres. "A vrai dire, les Bellettriens ont souvent partagé le bénéfice des représentations entre le Fonds Vinet et d'autres buts charitables d'un intérêt plus immédiat : l'Asile des aveugles, le temple d'Echallens, les victimes des inondations, les populations françaises éprouvées par la guerre de 1870, le Fonds universitaire, les orgues de la Cathédrale, les incurables."

Le monument Vinet fut inauguré le 9 novembre 1900 à Lausanne, à l'extrémité orientale de la promenade de Montbenon.

La carte suivante, imprimée à la lithographie Spengler, a été postée le lendemain de l'inauguration. Ce qui laisse évidemment penser que le dessin avait été réalisé bien avant les célébrations publiques.



Bierzipfel et pipe de Belles-Lettres

La première carte a été envoyée en mars 1899 à P. Givel, au collège du Sentier.

L'écu qui l'orne est aux couleurs de Belles-Lettres. Il est entouré d'une branche de sapin, arbre fétiche de la Société en raison de sa longévité. Le premier couplet de l'hymne de Belles-Lettres lui est d'ailleurs dédié : "Bellettriens, plus de soixante années / Ont vu grandir l'arbre que nous aimons..."

Une pipe en porcelaine (au tuyau vert et rouge) est également associée à l'écu. La pipe, très présente dans l'iconographie estudiantine, symbolise la réflexion : les rêves s'en échappent en longues volutes de fumée.

Enfin, deux Bierzipfelen pendent de l'écu. L'un porte, "Union Etude", la devise de la Société, l'autre porte son année de fondation, 1806. Dans un article précédent, nous avons exposé l'origine probable du Bierzipfel. Ce bout de ruban aux couleurs de la confrérie, accroché au veston, peut avoir servi de signe de reconnaissance entre sociétaires, à une époque où les corporations étaient persécutées pour leurs idées libérales. Aujourd'hui, le Bierzipfel sert principalement à identifier son verre, pour éviter la circulation de maladies contagieuses.

Si aujourd'hui la casquette et le band sont les principaux attributs des étudiants corporés, la pipe et le Bierzipfel ont aussi été longtemps leur apanage.

Le texte donne, dans un argot parodiant celui des apaches parisiens (alors en vogue dans les romans) : "Mes colles serrent la rame à tes guières et leur demandent des nouvelles de leurs zigues."


La carte suivante est postérieure. Mais la date est inconnue. On y voit un Bellettrien, en couleurs, fumer la fameuse pipe. Il arbore son Bierzipfel à son gilet.


Nous n'avons pas encore pu identifier le dessinateur, qui a signé cette carte sous les initiales E.S.Z. 

Palabres stelliennes

Carte non datée de la Société Stella. Les frères de Couleurs coiffés de leur casquette reviennent peut-être des cours : ils sont en rue (com...